3 février 2013

TRUST, ANIKA, ARNE VINZON, DIMANCHE SOIR A MOFO13

Tomber amoureux d'un festival à Saint-Ouen est une chose que je vous souhaite de vivre au moins une fois. 
MOFO13, TRUST remplace au pied levé Stereo Total. On n'en revient pas. Celui qui jouait à Éphémère à guichets fermés débarque sans préavis à MOFO. On s'empresse d'y aller, on prend des affaires pour survivre en milieu inconnu, une gourde et un briquet tempête. On ne sait jamais.

On se retrouve alors dans la plus conviviale des ambiances, tout aux couleurs d'un festival prônant l'indé comme tête d'affiche, deux scènes et un forum gratuit aux sons de mix de personnes qui s'y connaissent. On vient en particulier pour trois groupes, sur la même scène ce dimanche-là : le canadien TRUST et sa dark-pop dont on ne se remet toujours pas, Anika et sa cold wave et nous laisse cois, Arne Vinzon, poète décalé, lecteur d'un monde subissant une forte dépression.



Arne Vinzon s'épanouit dans une vie en travelling avant, il observe le paysage qui passe, qui s'efface dans une lente dépression, il aime à regarder le crépis défraichi des bâtiments communaux ou arracher des bouts d'écorce dans la forêt de Fontainebleau. Arne Vizon se fait vieux mais chante-parle toujours avec énergie, son corps danse sans cesse sur scène. Accompagné de deux hommes aux synthés et machines, chaque titre est une sorte d'historiette d'un monde qu'Arno Vincent décrit jusqu'à essoufflement. Décalé, le poète fait rire de certains mots ou certains sujets. Il aime dérouter en chantant une ode au zoo de Vincennes, ses otaries et ses wapitis tout doux, il aime à groover sur la lente dépression. Arne Vinzon est un vieux lion qui en a vu de belles, Arne Vinzon va encore en voir de belles car, avec sa crinière qui fane et ses histoires à raconter, il ne passera pas inaperçu.



Le plafond descend et l'atmosphère s'éclectrise quand Anika entre en scène. Si jeune et fragile, une voix si roque, grave, froide. Le public qui acclame ne peut s'empêcher de se livrer à un temps d'adaptation, certains abandonnent. Une fois que l'on entre et se laisse envelopper par la couverture froide d'un projet au nouveau souffle (retour à quelques amours dub d'Anika, un nouveau band), Anika sublime et envoûte de ses yeux qui cherchent en permanence on-ne-sait-quoi. Anika ne renvoie pas la lumière, elle brûle la pellicule par son chant si introverti. Chaque son claque et frappe, frissonne. Cold-wave en plus dark.



Et arrive enfin le canadien. Sautillant et fougueux, TRUST s'adonne à un concert stroboscopique, enfumé, on ne voit pas l'artiste, seule une silhouette aux allures parfois épileptiques se mû sur le plateau. L'album TRST nous avait bluffé, devenu une bande-son obsessionnelle, par le titre Sulk, cloture majestueuse d'un album magistral. 
La scène ne surprend pas forcément, copie conforme et qualitative du studio. Mais cela impressionne, des modulations vocales parfaites, une batterie puissante, des machines hypnotisantes. Le public sans la sueur et la Grolsch, vacille sur ce son efficace, un dark side assez sexuel de la pop édulcorée.

Merci à Jeremy Spellanzon et à la RATP sans qui je n'aurais jamais pu vivre MOFO13.

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