9 octobre 2012

FRAMIX / STUCK IN A CRUEL WORLD


Certainement un des artistes les plus atypiques actuellement, Framix continue son petit bout de chemin, entre bricolage musical et émotions cinématographiques sépia pour nous servir son troisième album, Stuck In A Cruel World, un film en dix chansons, deux faces et deux Car Scene, histoire de se mettre dans l'ambiance.

Framix a été trop longtemps, à tort, résumé à un cow-boy sautillant, un shériff tout droit sorti d'un cartoon en Technicolor. Mais l'étoile reste au placard, un virage abrupt vers une culture très holdies et moins far-west déjanté. On avait déjà aimé les deux premiers singles, annonces d'un album aux couleurs passées : The Big Falls et I Can't Refuse It. Ce nantais nous emmenait dans un décor de cinéma des années 50-60, qui sentait avec élégance la sueur, le tabac, le whisky, aux sons saturés d'un autoradio cassette de vieille bagnole.
La grande force du projet Framix est bel et bien la visualisation conséquente de l'écoute. Chaque chanson ne peut que vous amener des images parfaites du décor où elle évolue. Ce bricoleur de génie a construit Stuck In A Cruel World comme pour un vinyle, avec ces deux fameuses faces qui s'ouvre chacune sur les dénommées Car Scene (Car Scene #1 et Car Scene #2), deux bandes sons d'ambiance qui projettent les sons dans un univers bien taillé.
Toujours avec nonchalance et second degré maîtrisé, Framix joue à mélanger les styles : des riffs sautillants typiques reggae, des sons très Rockabilly, des samples plus "musiques des îles", de la musique country…
Stuck In A Cruel World est, il se trouve, plus accessible que Happy Animals en 2009, qui souffrait de son excellence en expérimentations, parfois trop opaques.
On adore Stuck On This Frequency, petite d'ouverture de l'album, ainsi que les deux singles évoqués précédemment qui n'avaient fait qu'ouvrir la voie à cet album dont la sortie prochaine nous avait échappé (imaginez notre plaisir de recevoir le disque dans notre boite aux lettres, qui s'est d'un coup rouillée et oxydée). La très personnelle reprise du monument Go Down Moses est aussi une appropriation fracassante et qui offre un recul nouveau sur cette chanson. Mention spéciale aussi pour la ballade solitaire et complètement tudesque de Jail Song qui donne tout son relief à l'accent et la voix si particuliers de Framix.

Un album qui tombe un peu comme ça, en ce temps de rentrée, mais qui nous met de très bonne humeur face à ces jours plus courts qui nous guettent.
 

L'album sort le 24 octobre.

En bonus, les vidéos que nous avions faites en sa compagnie il y a quelques temps...



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire