25 octobre 2011

CASCADEUR / L'INTERVIEW


Il avance masqué, casqué, mystérieux et aérien, Cascadeur est une des révélations musicales de cette année. Avant son concert, l'homme à visage nu nous reçoit dans sa loge, une belle rencontre à découvrir sur Les Interweb

Les Interweb : Le 28 mars dernier sortait ton premier album, The Human Octopus, comment le projet Cascadeur a évolué depuis ?
Cascadeur : C'est chargé ! En fait, tout ce qui m'arrive était inatteignable pour moi avant, j'étais ambitieux, j'avais envie de faire ce que j'aime, de la musique, mais ça me paraissait loin tout ce qui m'arrive. Le projet évolue grâce à des rencontres comme avec J-D Beauvallet (Co-rédacteur en chef Les Inrockuptibles - ndlr) qui m'a mis en avant sur Les Inrocks, qui te soutiennent. Alias productions qui te contacte, tu signes, on te fait passer une marche, on t'organise une tournée.  Il y a aussi des choses irréelles comme le CQFD en 2008, les Francofolies où j'ai travaillé avec la chorale le Cognac...


Et cette semaine Le Prix Constantin...
Dément... Non ? (rires.) Quand j'ai su que j'étais nommé, j'ai repensé à moi il y a quelques temps dans une 205 avec du matos partout.


Cela paraît rapide, très rapide...
On te met devant le fait accompli, ça y est, tu es sur scène, tu présentes ton projet à un public qui vient te voir. C'est un peu comme si on te disait "tu vas vivre avec Monica Bellucci pendant six mois"... Que va-t-on se dire ?

As-tu une explication, t'arrive-t-il de te dire "pourquoi" ?
C'est bateau, un peu raffariniste, mais "fais ce que tu aimes". Il faut s'accrocher à ce que tu aimes, être obsédé  et travailler. Comme je dis tout ça était inatteignable pour moi avant, ça marche, je pense que le travail paie, mais la catastrophe n'est jamais loin.


Scéniquement, Cascadeur est plus qu'un projet uniquement musical, il y a de la vidéo, des jeux de lumières... Comment cela s'est mis en place ?
J'ai été un an prof d'arts plastiques, j'ai toujours été attaché à la matière, à la scénographie. D'ailleurs, si jamais je ne fais plus de musique, je reviendrai à l'art plastique. Je suis fidèle à mes passions ! (rires.) Je ne me spécialise pas, la spécialité, c'est l'horreur. 
J'ai commencé avec des projections de films en Super 8, cela donnait une vraie fragilité à la musique, Parfois, le projecteur prenait feu. Après j'ai collaboré avec de vrais vidéastes pour toujours donner à la musique une dimension ouverte et pour éveiller d'autres sens.

Lors des sessions acoustiques tu utilises l'Omnichord (à découvrir ici par exemple), pourquoi cet instrument ?
C'est un peu un fantasme démocratique l'Omnichord, c'est pour les non musiciens. L'instrument est désuet et fragile, on a l'impression que ça peut casser à n'importe quel moment. Il y a cette délicate fragilité qui me touche. Après ça se transporte plus facilement aussi que le piano.

Merci Cascadeur !
Merci. Je n'en reviens pas avoir réussi à caser Monica Bellucci dans une interview.


Cascadeur proposera un concert aérien et très visuel, une entrée qui n'amène que vers l'attention la plus silencieuse.Travaillant si bien avec la vidéo, des instruments divers qu'avec des jeux pour enfants, le concert de Cascadeur est riche pour les yeux et les oreilles. Ses entre-scènes, petites interventions avec le public rendent plus humain ce mystérieux personnage casqué. On a aimé !

Merci à Lucie Chérubin, Yann, Cascadeur.
Laura Zarkovic / Maxime Pascal

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire