15 mars 2013

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THE HANDMADE MAGAZINE
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16 février 2013

FIREWORKS FESTIVAL : PEGASE ET ISAAC DELUSION

Deux groupes remarqués l'année passée sur la même scène, le Fireworks festival 2013 nous gâte. On file au Café de La Danse pour voir la pop de Pegase et celle plus électronique d'Isaac Delusion (dont l'ep est chroniqué ici).

Pegase entre en scène devant une salle comble mêlant hipsters et public aux grosses lunettes, cols et talons remontés et bonnet de laine (ah oui, hipsters). On entend certains dire "ils sont super jeunes". Oui, les jeunots Pegase, on pourrait dire, sont néanmoins maîtres de leur projet, tout fonctionne à la perfection, un groupe mêlant synthé et machines à des instruments (basse, guitare, batterie) pour créer un condensé ultra efficace. Reprenant sans fausse note les morceaux de leurs différentes sorties, chaque pièce construit un set qui monte habilement en puissance jusqu'à un rappel qui fera danser un public sous les éclats stroboscopiques.


Le temps de monter à la mezzanine prendre un verre de vin - une réflexion commune avec mon voisin de bar, accoudé : "j'oublie toujours que c'est aussi cher", le temps d'une cigarette dehors, le temps de refuser l'achat à cinq ou six vendeurs de roses - c'est la St Valentin, le jour de fête - , le temps de se faire renverser dessus, une bière par un ado boutonneux qui eût mérité à ce moment la peine capitale - va manger ton bonnet de laine - Isaac Delusion commence son set sous les acclamations euphoriques du public. Un sourire complice entre les artistes pour comprendre qu'ils ne comprennent pas cet engouement pour eux. Ils prennent. Ils donnent beaucoup aussi.


Isaac Delusion déploie en sons et en images, une musique émotionnellement forte, une alchimie entre les quatre membres du groupe, qui bluffe vraiment. De moments où l'attention est palpable à des instants plus dansants, plus funk, Isaac Delusion confirme son talent. Les tubesques titres du derniers EP résonnent à merveille, on adore Early Morning ou Transistors, mis en relief par les vidéos hypnotiques projetés sur le mur en pierre de fond de scène.


photo bonus : Les filles saoules peuvent être photogéniques


photos : Maxime Pascal.

3 février 2013

TRUST, ANIKA, ARNE VINZON, DIMANCHE SOIR A MOFO13

Tomber amoureux d'un festival à Saint-Ouen est une chose que je vous souhaite de vivre au moins une fois. 
MOFO13, TRUST remplace au pied levé Stereo Total. On n'en revient pas. Celui qui jouait à Éphémère à guichets fermés débarque sans préavis à MOFO. On s'empresse d'y aller, on prend des affaires pour survivre en milieu inconnu, une gourde et un briquet tempête. On ne sait jamais.

On se retrouve alors dans la plus conviviale des ambiances, tout aux couleurs d'un festival prônant l'indé comme tête d'affiche, deux scènes et un forum gratuit aux sons de mix de personnes qui s'y connaissent. On vient en particulier pour trois groupes, sur la même scène ce dimanche-là : le canadien TRUST et sa dark-pop dont on ne se remet toujours pas, Anika et sa cold wave et nous laisse cois, Arne Vinzon, poète décalé, lecteur d'un monde subissant une forte dépression.



Arne Vinzon s'épanouit dans une vie en travelling avant, il observe le paysage qui passe, qui s'efface dans une lente dépression, il aime à regarder le crépis défraichi des bâtiments communaux ou arracher des bouts d'écorce dans la forêt de Fontainebleau. Arne Vizon se fait vieux mais chante-parle toujours avec énergie, son corps danse sans cesse sur scène. Accompagné de deux hommes aux synthés et machines, chaque titre est une sorte d'historiette d'un monde qu'Arno Vincent décrit jusqu'à essoufflement. Décalé, le poète fait rire de certains mots ou certains sujets. Il aime dérouter en chantant une ode au zoo de Vincennes, ses otaries et ses wapitis tout doux, il aime à groover sur la lente dépression. Arne Vinzon est un vieux lion qui en a vu de belles, Arne Vinzon va encore en voir de belles car, avec sa crinière qui fane et ses histoires à raconter, il ne passera pas inaperçu.



Le plafond descend et l'atmosphère s'éclectrise quand Anika entre en scène. Si jeune et fragile, une voix si roque, grave, froide. Le public qui acclame ne peut s'empêcher de se livrer à un temps d'adaptation, certains abandonnent. Une fois que l'on entre et se laisse envelopper par la couverture froide d'un projet au nouveau souffle (retour à quelques amours dub d'Anika, un nouveau band), Anika sublime et envoûte de ses yeux qui cherchent en permanence on-ne-sait-quoi. Anika ne renvoie pas la lumière, elle brûle la pellicule par son chant si introverti. Chaque son claque et frappe, frissonne. Cold-wave en plus dark.



Et arrive enfin le canadien. Sautillant et fougueux, TRUST s'adonne à un concert stroboscopique, enfumé, on ne voit pas l'artiste, seule une silhouette aux allures parfois épileptiques se mû sur le plateau. L'album TRST nous avait bluffé, devenu une bande-son obsessionnelle, par le titre Sulk, cloture majestueuse d'un album magistral. 
La scène ne surprend pas forcément, copie conforme et qualitative du studio. Mais cela impressionne, des modulations vocales parfaites, une batterie puissante, des machines hypnotisantes. Le public sans la sueur et la Grolsch, vacille sur ce son efficace, un dark side assez sexuel de la pop édulcorée.

Merci à Jeremy Spellanzon et à la RATP sans qui je n'aurais jamais pu vivre MOFO13.

21 janvier 2013

THE IRREPRESSIBLES / NUDE

Almichiste expérimentant les frontières de l'émotion humaine, Jamie McDermott propose le deuxième album de The Irrepressibles, Nude, dix titres créatifs et souvent bouleversants.

Constamment connecté à l'émotionnel, Nude est un condensé puissant de sentiments. Mis en exergue par une voix allant chercher au fin fond de ce que l'homme ressent, McDemott orchestre finement un voyage  où l'on ne peut que s'abandonner au son des titres. L'album Nude ne peut pas passer s'écouter en musique d'ambiance, en fond sonore, il marque et interpelle, ne laisse pas indifférent.
Certains y verront une exposition sentimentale dégoulinante et poussée à son paroxysme, sorte de tire-larmes, mais il conviendrait mieux de le prendre juste comme il est, sans intellectualiser trop la chose et réussir à écouter et à ressentir l'effet brut sur soi.
Les titres s'enchaînent comme de petites baffes émotionnelles, un grand coup de cœur pour Two Men In Love, le titre qui va rappeler le plus les titres les plus puissants d'Antony and the Johnsons. La véritable différence entre ces deux projets est le parti-pris : The Irrepressibles flatte le grandiose et les espaces majestueux quand Antony and the Johnsons sera plus dans la retenue et l'émotion de l'intimisme.

Nude est donc un véritable chef-d’œuvre moderne à l'orchestration et à l'instrumentation héroïques et à la voix romantique qui explose en images et en décors somptueux lors du passage en live.

Nude (ONDR) : sortie le 3 février

Découvrez le clip d'un des pièces maîtresses de l'album : Arrow

20 janvier 2013

VILLAGERS / {AWAYLAND}

Après quelques mésaventures que nous n'avons pas tout à fait suivi, Conor O’Brien revient en déroulant un tapis rouge à ses pieds : {Awayland}, de l'indie pop jouissive et touchée par la grâce.

Il nous a suffit d'insérer la cassette audio Philips du dernier Villagers dans un radio-cassettes baladeur (non, je déconne) pour rester sans voix, coller à mes écouteurs en mousse grise.
Par la présence parfois orchestrale, Villagers est devenu un groupe plus qu'un projet solo et pose dès le premier titre un album fort et puissant. Les titres sont chacun de petites œuvres à part entière adoubant {Awayland} au rang de voyage en terres pop. On aime le mélange audacieux des esthétiques, sachant surprendre par de subtiles retours très folk ou encore de très fines touches électro-rock (le titre The Waves est à découvrir absolument).
Quand Earthly Pleasure semble familier (un titre impeccable),  In A Newfound Land You Are Free peut déstabiliser par son dépouillement précieux. Les neufs chansons précédentes nous avaient en effet habituées à un groupe aimant créer des morceaux à l'instrumentation plus développée, en faire presque oublier le premier album du groupe.
Même si, très clairement, la lead voice remet l'auditeur dans le droit chemin, les arrangements surprennent et plaisent souvent.
{Awayland} redonne un souffle pop-rock très efficace à Villagers. Certains le prendront comme une trahison, d'autres l'apprécieront comme un renouveau bien mérité.

Découvrez le single oscilloscopique The Waves.

19 janvier 2013

GOLDWAVE / NIGHT LIGHTS EP



On aurait du en parler. On s'est dit qu'il fallait en parler. Depuis le 22 novembre. Il fallait.
Aujourd'hui on retombe dessus.

Les caennais de Goldwave ont sorti Night Lights un EP jouant à exceller entre le math-rock, le shoegaze ou d'autres esthétiques cold. Le titre éponyme de l'EP ouvre la danse avec de longues plages de guitares et des mélodies de synthétiques donnant un relief énorme au morceau.
Taillé pour le live, Night Lights bluffe de cette voix sèche et froide qui lie les cinq titres de l'EP. On avoue être sous le charme total de l'intro a capella de Sunshine, appuyée par des notes brutes de piano pour nous emmener ensuite dans les brumes d'une guitare distordue.

Pour ne pas dire une nouvelle fois que la scène caennaise (Superpoze, Granville, Gablé etc.) ne cesse de nous surprendre, ces enfants du Calvados impressionne par une sortie qui révèle les multiples influences, toujours bonnes, de Goldwave. Notons également l’ambiguïté du nom du groupe qui joue a nous donné les pistes pour aborder le projet.

Night Lights se clôt sur 8th of November, le titre "Interpolaire" de l'EP qui essouffle et bouscule. Un condensé ajusté, maîtrisé qui s'inspire sans plagier.

Découvrez le clip de 8th Of November.


12 janvier 2013

CAMILLA SPARKASS / I'LL TEACH YOU TO HUNT



Camilla Sparkasss est l'alter ego de Barbara Lehnhoff.
Projet solo de la moitié de Peter Kernel, Barbara revient à des passions profondes : un minimalisme musical, les drums machines, des sons indus sans pourtant se dénuer de certaines mélodies. Les sons se distordent, explosent comme sur la face B de l'EP, For You The Wild.
Les sons englobent quand la voix quasi chamanique sur I'll Teach You To Hunt nous envoûte. De l'électro fouetté synthés rappelant des origines plus punk, plus lourdes.
Camilla Sparkasss s'entourent de danseurs, créant un univers sensuel et sexuel autour d'un chant animal. 
Il est écrit que Camilla Sparkasss est née un 17 décembre 1983, il faisait -17°C. Cela explique peut-être ce son si cold, cold wave, frissonnant et addictif de son premier 45t.

Le clip I'll Teach You To Hunt



I'll Teach You To Hunt : sortie le 07 janvier 2013 / vinyl limited edition 7" + polaroïd